La gare

L’ANCIENNE GARE 

Cette gare fut une gare importante car elle permettait de relier plaines et plateaux, à une époque où les moyens de communication étaient peu développés. C’était une gare terminus qui comportait une vaste plaque tournante, utilisée pour retourner les locomotives. Cette ligne Montbéliard- Saint-Hippolyte fut crée dans la deuxième moitié du 19ème siècle, dans le cadre du plan Freycinet, qui prévoyait alors de relier, par le rail, toutes les petites villes de France.

 L’étude de cette ligne commença sous le second empire et dès 1865, ce sujet était à l’ordre du jour dans les conseils municipaux. Monsieur De Blondeau, maire de Saint-Hippolyte jusqu’en 1882, ne ménagea pas ses efforts pour que le train parvienne dans sa commune.

Un premier tracé par Audincourt fut prévu mais finalement, un second tracé par Voujeaucourt l’emporta. Et, le Dimanche 19 Septembre 1886, la ligne était inaugurée. Il y eut à cette occasion une grande fête à Saint-Hippolyte :

Les journaux de l’époque relatèrent l’événement :

« A Saint-Hippolyte, dès la première heure, les voitures arrivaient de tous côtés, bondées de visiteurs et décorées de branches de sapins et de fleurs : C’étaient nos montagnards avec leurs fraîches jeunes filles qui venaient fêter l’inauguration de ce chemin de fer tant attendu…La décoration de Saint-Hippolyte est féerique ! Toutes les maisons de la place sont garnies de décorations de feuillage ; à toutes les fenêtres des guirlandes de fleurs ; les murs disparaissent sous la verdure….A toutes les entrées de la ville, des arcs de triomphe….Toutes les rues, les carrefours sont décorées comme la place…Et des sapins, il y en a partout le long des maisons, des ponts…La circulation est pour dire impossible en ville : on se pousse, on se presse mais tout le monde est content ! »

La locomotive était à vapeur et pour l’alimenter, il fallait une quantité d’eau importante: l’eau du Doubs était pompée puis stockée dans une grande cuve en forme de tour. Pour les locomotives, un hangar fut construit et il pouvait abriter deux machines. Chauffeurs et mécaniciens couchaient dans ce hangar, qui abrite aujourd’hui la salle des fêtes de la ville.

Le bâtiment de la gare est une construction de type PLM (Paris Lyon Méditerranée) et il comportait, en bas, deux salles d’attente, et des bureaux. A l’étage, se trouvait le logement du chef de gare. A côté, un local appelé « la lampisterie » abritait les nombreuses lampes d’éclairage nécessaires au fonctionnement du chemin de fer ; il servait aussi à entreposer du matériel divers et faisait fonction de chambre pour des employés du rail.

 La gare de marchandises était appelée « gare petite vitesse » car les marchandises voyageaient moins vite que les voyageurs et les petits colis.

Elle comportait : Une vaste esplanade avec des voies de garage, des quais de déchargement , 2 grues et une importante halle couverte accessible aux wagons.

 Pour les voyageurs et les bagages à main, se sont mis en place des services d’autobus que l’on appelait des courriers. Ils attendaient ou déposaient les passagers sur la place et assuraient ainsi les correspondances vers les plateaux et les vallées.

 Le buffet, c’était là que l’on attendait l’arrivée de son train ou de sa correspondance.

Les voyageurs y prenaient un verre et ceux qui arrivaient le soir pouvaient coucher.

 Au fur et à mesure des années, divers embranchements ont été reliés à la gare de Saint Hippolyte : Au début de siècle il y eut une petite ligne à voie étroite qui desservait la carrière de tuf. Un embranchement très court fut aménagé pour desservir la zone industrielle créée sur les terrains à proximité de la gare : il y eut d’abord une société d’installation et de traitement des poteaux électriques puis il y eut l’usine SIBEL(Société industrielle des bois de l’est et des Landes). En 1912, 1913 se met en place un raccordement de l’usine des forges à la gare. Il permettait l’acheminement des wagons jusqu’à l’intérieur de l’usine. Puis, la voie ferrée fut prolongée jusqu’à la centrale électrique de Liebvillers.

Les autobus qui remplacèrent les trains de voyageurs portaient le sigle TPLM et ils étaient abrités dans de vastes hangars sur la place de la gare. Accolé à ces hangars, existait un petit bureau pour recevoir la clientèle et délivrer les billets.

La ligne fut fermée officiellement pour les voyageurs en Décembre 1938 et le trafic marchandises continua jusqu’en 1969. Le hangar pour les locomotives a été transformé en salle des fêtes, la gare et la lampisterie en école maternelle, le nom « petite vitesse » a été donné à un quartier, en souvenir de la gare de marchandises, le buffet de la gare est une maison d’habitation; la voie ainsi que les quais sont devenus la cour de récréation des enfants de l’école maternelle.

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